Pendant longtemps, j’étais un adepte du Dollar Cost Averaging alias DCA, une méthode qui consiste à miser sur une somme régulièrement sur une action, indépendamment de son prix. Dans la pratique, l’idée est de mettre à profit les creux de marché (ou Buy the dips) afin de construire une ligne de portefeuille à bon escient, à la condition que la tendance de fond reste porteuse.
Cette approche très prisée par les investisseurs de la génération FOMO (Fear of missing out ou Peur de rater quelque chose) permet d’investir en répartissant mieux les risques. Cependant, le DCA possède des inconvénients. Dans cet article, nous allons explorer les dangers souvent sous-estimés de cette méthode afin de permettre aux investisseurs de prendre des décisions éclairées.
L’illusion de la sécurité
L’un des principaux attraits du DCA est qu’il est considéré comme une méthode sans risque. En espaçant les investissements dans le temps, l’investisseur pense souvent qu’il sera automatiquement protégé contre les pertes significatives. Cependant, cette sécurité perçue est illusoire. Si l’actif choisi affiche une tendance baissière prolongée, le DCA ne peut pas compenser cette perte. Par exemple, investir régulièrement dans une entreprise dont les fondamentaux se détériorent n’évitera pas une perte de capital à long terme.
Tendance baissière de l’action LVMH en unités hebdomadaires
Le DCA réduit l’impact des fluctuations à court terme, mais il ne peut pas corriger une mauvaise décision d’investissement. A titre d’exemple, les investisseurs qui ont investi sur LVMH autour des 800-900€, ont déjà laissé des plumes depuis la rupture de l’oblique haussière depuis mars 2020. Un retour au-delà des 800€ permettrait d’annihiler la tendance baissière actuelle.
La peur de rater une opportunité
Le second danger du DCA se situe dans la possibilité de rater des opportunités sur des actions à fort potentiel comme Palantir, Hims & Hers Health ou récemment Sofi Technologies qui ont vu leurs cours grimper exponentiellement. En adoptant cette stratégie, les investisseurs n’utilisent pas une bonne partie de leurs fonds, ce qui limite leur exposition aux hausses du marché. Imaginons qu’un investisseur applique le DCA sur une période de 12 mois dans un marché haussier. Pendant qu’il investit progressivement, une grande partie de ses liquidités reste inutilisée et ne profite pas de la pleine hausse des prix.
Dans certains cas, investir un montant important peut offrir une meilleure performance, notamment sur des actifs de qualité durant un marché en forte croissance. Cette méthode est cependant risquée et nécessite une évaluation approfondie de l’analyse fondamentale des entreprises.
Le coût psychologique et émotionnel
Si le DCA est souvent recommandé pour réduire le stress lié à la volatilité du marché, il peut paradoxalement générer une anxiété différente. En ce sens, les investisseurs risquent de surveiller constamment le marché pour s’assurer qu’ils achètent au bon moment. Cela peut entraîner un sentiment d’incertitude, voire de frustration, lorsque les prix augmentent rapidement et qu’ils ont le sentiment de « payer trop cher ».
Par ailleurs, la discipline requise pour maintenir une stratégie de DCA sur le long terme peut se révéler exténuant. Certains investisseurs jettent à l’eau leur plan à cause de l’impatience ou de la tentation d’ajuster leurs apports en fonction des mouvements du marché, ce qui va à l’encontre de l’objectif initial de la méthode.
Des frais qui s’accumulent
L’inconvénient souvent négligé du DCA est l’impact des frais de transaction. En investissant régulièrement, l’investisseur multiplie les opérations d’achat en dépit de l’attractivité des tarifs proposés par les courtiers en ligne. Si chaque transaction génère des frais fixes ou variables, ces coûts peuvent s’accumuler au fil du temps et réduire significativement les performances.
Cette situation devient particulièrement problématique pour les petits montants investis à chaque période. Par exemple, si un investisseur mise 100 € par mois et que chaque transaction s’élève à 1 €, cela représente 1 % de frais mensuels, soit 12 % par an. Dans ce cas, les gains réalisés pourraient être entièrement absorbés par ces frais.
Conclusion : Comment minimiser les dangers ?
Le DCA est une stratégie d’investissement séduisante, particulièrement pour les débutants en Bourse. Cependant, il est capital de reconnaître ses limites et ses dangers potentiels. Comme pour toute approche d’investissement, une analyse approfondie et une bonne dose de discipline sont indispensables pour réussir. En comprenant les pièges cachés du DCA, les investisseurs peuvent optimiser leurs performances tout en ayant une meilleure gestion des risques.
Ainsi, pour minimiser les risques du DCA, commencez à investir dans des entreprises avec de solides fondamentaux. Deuxièmement, analysez les conditions de marché propices à des décisions d’investissement opportunes. Troisièmement, minimisez les frais de courtage en ciblant des plateformes d’investissement qui favorisent les transactions fréquentes. Enfin, sans tomber dans le piège du market timing, surveillez les tendances sectorielles et ajustez votre stratégie si nécessaire.