Les prêts au secteur privé de la zone euro ont poursuivi leur progression en février, bénéficiant de la baisse accumulée des taux dans un contexte de désinflation, a indiqué jeudi la Banque centrale européenne. Les prêts aux entreprises et aux ménages, ajustés de certaines opérations financières, ont progressé de 2,5% sur un an, soit 0,2 point de plus qu’en janvier, selon le communiqué. C’est la plus forte hausse depuis mai 2023, portée par les six baisses de taux de la BCE depuis juin, offrant un bol d’air aux ménages et entreprises emprunteurs.
Les prêts aux entreprises ont augmenté de 2,2%, soit 0,2 point de plus qu’en janvier, malgré un durcissement des critères de prêt par les banques en fin d’année dernière, dans un environnement jugé plus risqué. Les prêts aux ménages ont progressé de 1,5% sur un an, toujours tirés par les prêts à la consommation. Les crédits immobiliers ont poursuivi leur accélération à 1,4%, mais restent bien en deçà de la croissance de plus de 5% observée jusqu’à mi-2022, avant la forte hausse des taux face à une inflation élevée.
Le gouverneur de la Banque de France a suggéré mardi de nouvelles étapes dans l’assouplissement de la politique monétaire en zone euro, où il existe à ses yeux une «tendance solide» à la désinflation. Le taux d’inflation, de 2,3% en février, s’est rapproché de la cible de 2% visée par la BCE. Le risque de guerre commerciale, aggravé mercredi après l’annonce de Donald Trump d’imposer 25% de droits de douane supplémentaires sur les véhicules produits hors des États-Unis, pourrait cependant raviver l’inflation et compliquer la politique monétaire en zone euro.
Indicateur avancé d’inflation, la masse monétaire M3, qui comprend les dépôts liquides et les produits d’épargne jusqu’à deux ans, a de son côté crû de 4,0% en février, poursuivant son rebond après une tendance au ralentissement entamée en septembre 2023, ajoute la BCE.